Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
AJMB Le Monde du Bessin, AssoDJeunes de 3 à 103 ans

AJMB, association ludo-éducative ouverte à tous. Tél 06.52.76.60.23

AJMB, venez faire votre cinéma et/ou écrire avec Hugues Fléchard

Publié le 10 Août 2012 par Le Monde du Bessin, Asso des Jeunes de 3 à 103 an in CINEMA

CINEMA
"Non, Nat RKonnors, tu ne sortiras pas avant d'avoir donné ton flingue à Tonton Hugues !"
WALHALLA-PERSPECTIVE-1.jpg
NAT "grr... je sortirai...et alors..."

NAT1

"Ca va chauffer les Walhälla..."

***********************************************************************

ECRITURE, atelier décomplexé pour travailler en groupe ou sur son projet personnel d'écriture
*********************************************
Pas de doute, Stephen H. Baxter était passé de l'autre côté. A quatre cent millions de kilomètres de la Terre, grosso modo à une distance équivalente maximale Terre-Vénus, il était là, puis, hop, disparu. 
Il n'était pas dans un rêve, il ne s'identifiait pas à un héros de fiction, c'était juste un citoyen ordinaire de la Terre vivant une circonstance extraordinaire. Certains parlerait même d'aberr
ation. Parce que, après avoir voyagé dans un vieux vaisseau Bhöm-Von Braun pendant trois années, puis avoir fait une sortie extra-véhiculaire engoncé dans son antique combinaison EMS et s'être éloigné de son gros cocon de métal grâce aux mini jets pulsés, le bonhomme s'était retrouvé devant un cercle noir parfait. Un puits où aucune lumière n'avait trouvé moyen d'y foutre un photon visible, même de ses senseurs. Stephen avait eu le réflexe stupide de toucher l'incongruité cosmique - distante d'un mètre ou de centaines de milliers de kilomètres, allez savoir -, et il s'était trouvé aspiré, atomisé, désintégré. Bref, il avait disparu.

Et puis il était revenu : réintégré, téléporté, réarrangé. Oui, parce qu'il avait bien eu conscience au bout d'un moment, même s'il se trouvait toujours dans la situation d'un type entouré par le vide cosmique, les étoiles distantes de plus que ça encore, et des ténèbres inconnues, que son vaisseau n'était plus là et que la position des étoiles n'avait pas la même gueule qu'une microseconde auparavant (comme dirait le major). Bref, après les calculs savants de son ordinateur (une console Atlas-Sony-Feuhlen), Stephen avait compris qu'il venait de faire un bond/saut/voyage de dix-huit années lumières. Ouch ! Quand bien même il reviendrait à son point de départ, il se retrouverait avec un trou de trente-six années terriennes et son vaisseau aurait toutes les chances de ressembler à une épave. Donc, son calcul à lui était aussi rapide qu'un assemblage de microprocesseurs à séquencier quantique, soit il revenait d'où il était partit Dieu-sait-comment et il était foutu, soit il rencontrait l'intelligence extraterrestre qui avait construit cette porte et, s'il ne devenait par un rat de labo, il ne savait pas plus ce qu'il allait devenir. 

Et comme l'autonomie de sa combinaison avait ses limites, il n'allait pas tarder à être fixé sur son sort. 

Stephen fit un petit exercice d'inspirations-expirations pour calmer les battements de son coeur. La crise de panique passa. Le silence aussi. Il ballotait dans le vide spatial. Il n'osait pas toucher à ses jets pulsés dans l'espoir de revenir à son point de départ, ce qui était envisageable spatialement, mais pas du point de vue temporel. 

Si jamais je reviens un jour sur Terre, une quarantaine d'années seront passées. Qui connaîtrais-je encore ? Est-ce que je saurai me servir de chiottes sans demander autour de moi comment marche ce machin ? Et si la technologie faisait un bond, aussi minime soit-il, ne serait-il pas plus perdu par l'évolution de la société ? Arriverait-il sur une Terre dévastée par un guerre nucléaire ? Et si rien n'avait vraiment bougé de façon notable, il mettrait un temps fou pour comprendre ce qui serait pour lui une suite ininterrompue de néologismes dans un langage convenu pour le monde entier. Et puis, il reviendrait d'où ? Comment expliquer son expérience ? Stephen se posait une foule de questions qui, sans lui donner plus d'assurance quant à son étrange situation, lui permettait au moins de passer du temps avant... avant... quoi ?
Pas de planète à l'horizon, deux soleils au lieu d'un, au "loin" un pulsar qui lançait des éclairs toutes les quatorze secondes et pas l'ombre d'un vaisseau spatial ou de ce qui pouvait en tenir lieu. Bon, il y avait quand même la présence d'un puits noir. Celui par lequel il était arrivé. Et s'il s'en approchait, reviendrait-il au même endroit ? Merde, encore des questions.

Donc, sans réfléchir, il se mini propulsa vers la...

...porte et flwou ! Il se retrouva encore au milieu de nulle part sans trace de son vaisseau. Son ordinateur indiquait une distance de la Terre de douze années lumières. Il soupira. Sa situation semblait mal barrée... Il se jeta de nouveau vers la porte sans plus réfléchir aux conséquences, comme un type qui se jette d'une tour en flamme parce que, hein, dans ces cas-là entre le pire et le moins pire...

De nouveau nulle part, vingt-trois années lumières dans les dents. OK. Zou ! Nouveau saut, nouvelle distance hallucinante de plusieurs années lumières. Stephen ne fit plus le compte de ses sauts quand il n'espéra plus retourner à son point de départ et que l'autonomie de sa combinaison se réduisait comme peau de chagrin. Y a plus d'espoir mon capitaine, on fuit en avant. Plus qu'à trouver des ET pour me récupérer et...

Et là, alors qu'il faisait demi tour une énième fois pour replonger dans le puits, il vit...
Un vaisseau digne de Star Wars. Long, immense, lumineux par endroit et... Enfin, le genre de machin qui prend des plombes à décrire avec des mots bien loin de la réalité. Alors... Alors, Stephen fut tracté par un rayon jaune à l'intérieur du gros engin. Des bras mécaniques d'une grande souplesse et délicats le débarrassèrent de sa combinaison, l'installèrent sur un fauteuil très confortable, des tubulures lui firent prendre une douche de micro particules assainissantes et - moins agréable - il fut branché pour recevoir des éléments nutritifs et réparateurs. 

Au bout d'un moment, des gens vinrent l'accueillir. 

Oui, des gens comme vous et moi.

Stephen nageait dans le bonheur. Il ne savait pas si c'était à cause du soulagement de voir des visages humains, ou bien d'être enfin libéré d'une angoisse viscérale à être balloté dans le vide cosmique, mais enfin, il n'était plus seul et on se préoccupait de sa santé.
Pour faire court, Stephen apprit que ses hôtes étaient originaires de la planète Terre et qu'ils connaissaient son identité parce qu'après sa disparition il était devenu une légende. Les humains avaient découvert les portes mais pas le secret de leurs origines, avaient fait des expéditions dans de nombreux points de l'univers après avoir compris leur fonctionnement pour permettre aux voyageurs des aller-retour sans danger (avec toujours ces petits problèmes de temporalité). 
Stephen allait pouvoir revenir sur Terre - oui elle existait toujours et non les différences entre le monde qu'il connaissait et celui qu'il allait retrouver n'étaient pas perturbantes au point de devenir dingue - et il allait pouvoir profiter d'une bonne somme d'argent et du bon temps. Il n'aura juste qu'à se présenter à des séminaires sur l'histoire de l'exploration spatiale et participer à deux ou trois expériences qu'on lui assura être anodines et sans danger pour sa santé.

Et donc, voilà Stephen de retour sur Terre, deux mille cinq cents ans et des poussières après son départ. Effectivement, rien n'avait trop changé de son point de vue : autant d'inégalités entre les hommes, entre les hommes et les femmes, entre les adultes et les enfants, entre les être humains et la faune et la flore... Il avait une belle maison au bord d'un lac, une jeune femme qui faisait un mémoire sur lui devint très vite son amante alors qu'elle avait, en temps subjectif, une vingtaine d'années de moins que lui, et un chien qu'il appela John Glenn. 
Ce qui l'étonnait toujours le plus, c'est que, après avoir subi toutes ces dématérialisations et matérialisations, il était toujours le même. Enfin, apparemment. Il y avait plusieurs théories sur le fait que, passer par un portail qui vous désintègre et réassemble au niveau bien plus infinitésimal que moléculaire devait apporter son lot de changements, même infimes. Sans parler au niveau métaphysique : est-ce que l'on récupérait son âme, si elle existait, en un morceau ? Stephen en était là de ses réflexions quand Anna, la jeune chercheuse, vint se poser à côté de lui.
"Tout va bien mon amour ?
- Viens par là que je te montre" lui répondit amoureusement Stephen.

Quelques milliers d'années plus tard, "on" récupéra à proximité de la planète anciennement nommée Vénus une épave de ce qui fut identifié comme étant un vaisseau Bhöm-Von Braun. Il avait appartenu à une figure célèbre dans l'ancien temps sur Terre. Quand le vaisseau fut remorqué à l'intérieur de leur véhicule d'exploration spatial, "on" s'étonna d'une étrange vibration qui cognait à l'intérieur de l'antique engin. Les analyses étaient si contradictoires et refoulaient tant les diagnostiques les plus poussés qu'il fut décidé, par mesure de précaution, de rejeter ce qui aurait constitué autrement un trésor du patrimoine humain.
"On" largua l'épave et celui-ci disparu dans les profondeurs de l'univers. En effet, l'étrange vibration avait été analysée comme étant une émission sonore d'un type disparu depuis longtemps et oscillant entre les pleurs et les rires d'un homme.
HUGUES FLECHARD - Exercice d'écriture à la volée, style : Short story ************************************************
Commenter cet article