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AJMB Le Monde du Bessin, AssoDJeunes de 3 à 103 ans

AJMB, association ludo-éducative ouverte à tous. Tél 06.52.76.60.23

1 BD, 3 romans serbes sont arrivés à la Bibli'AJMB

Publié le 22 Avril 2012 par Le Monde du Bessin, Asso des Jeunes de 3 à 103 an in BIBLIAJMB

Anecdotes
Collectif d'auteurs dirigé par Raphaël Tanguy

Série dirigée par Raphaël Tanguy L’âne est un des animaux souvent les plus décriés à cause de son prétendu entêtement, mais il est en réalité un passeur. Tous les peuples l’ont pris comme personnage central de leurs histoires. Vous avez ici, en bandes dessinées, les principaux contes dont le sympathique animal est le héros

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Trois ouvrages de Goran Petrovic
Invité de la Bibli'AJMB le vendredi 11 mai 2012 à 18h dans le cadre du Festival Balkans Transit

TITRE : Sous un ciel qui s'écaille. TRADUCTEUR : Gojko Lukic. PAYS : Serbie NOMBRE DE PAGES : 192.

Sous un ciel qui s'écaille

Au sortir de la Grande Guerre, au Royaume de Yougoslavie qui vient de naître, dans une petite ville serbe, un homme ingénieux et entreprenant fait bâtir l’hôtel Yougoslavie, merveille de luxe et de modernité jamais vue dans les parages. L’hôtel possède, entre autres choses, une grande salle de bal avec un plafond en stuc représentant le ciel étoilé. Après la faillite de l’hôtel, la salle devient un cinéma, appelé Uranie, comme la muse. L’histoire poursuit ses folies, la Deuxième Guerre mondiale déferle et se retire, le royaume disparaît, le communisme s’installe, l’Uranie est désormais nationalisé, puis autogéré. On y passe des films soviétiques et yougoslaves, puis, la rupture avec Staline consommée, occidentaux et surtout américains. Un vieil ouvreur y officie, qui se prend pour le portier du paradis. Il est abattu. Son paradis est constellé de chewing-gums et de graffitis. Et le plafond étoilé, avec le temps, s’écaille. On en arrive ainsi à un après-midi de mai 1980. Sous un ciel qui tombe en poussière, une quarantaine de spectateurs assistent à une séance qui sera interrompue par une annonce sidérante : la mort du maréchal Tito. Cette fin brutale de séance marque la fin d’une époque et le premier pas vers la dislocation du pays. Bientôt, l’ancienne salle de bal de l’hôtel Yougoslavie cessera d’être un cinéma, ne servira plus qu’aux usages les plus prosaïques.
Soixante-neuf tiroirs
Editeur : Serpent à plumes (Le) Collection : Motifs Nb. de pages 447 pages Lire n'est pas une activité innocente. C'est aussi vivre dangereusement, comme le montrent les aventures extraordinaires des personnages de ce roman, lecteurs passionnés qui mènent une double vie et se rencontrent entre leur réalité quotidienne et leurs lectures. Ainsi Adam, se plongeant littéralement dans un texte, s'aperçoit vite qu'il n'est pas seul. D'autres lecteurs le hantent, parmi lesquels une vieille dame excentrique, un ancien agent d'une section très spéciale des services secrets, une jeune fille au parfum câlin... Ecrite par l'un des meilleurs écrivains serbes contemporains, l'histoire surprenante qui tisse ce roman est un éloge ludique des grands espaces de lectures sans lesquels certains d'entre nous ne sauraient respirer.

 

Le siège de l'église Saint-Sauveur

Nous sommes au XIIIème siècle. Entre l'Occident et l'Orient, entre Rome et Constantinople, sur la ligne de fracture de la chrétienté, assailli d'un côté par les croisés, envahi de l'autre par les barbares venus de l'Est, un petit pays, la Serbie, cherche son chemin, lequel semble parfois ne devoir mener qu'au ciel, tant se dérobe sous ses pieds toute assise dans le monde. C'est ce qu'illustre la métaphore centrale de celle oeuvre, celle de l'église du Saint-Sauveur qui s'élève dans les airs pour échapper au pillage et au massacre de l'armée des Bulgares et des Coumans qui l'assiège. Le chef de cette armée, le redoutable prince Chichman, convoite la plume d'un ange cachée dans la barbe du supérieur du monastère. Pendant quarante jours, la vie et la résistance s'organisent dans cette arche flottant entre ciel et terre, dont les fenêtres s'ouvrent sur le passé, le présent et le futur, la foi l'élevant et le doute la faisant tomber, tandis que sur terre l'ennemi déploie d'obscurs sciences pour hâter sa chute. La deuxième trame narrative raconte la quatrième croisade, détournée de son but initial par la volonté du puissant Doge de Venise. L'armée de croisés obtiendra les navires promis par la République à condition de prendre, avant d'aller en Terre Sainte, Constantinople où se trouve une chose qui intéresse le Doge plus que tout au monde : un manteau fait de dix mille plumes d'oiseaux. Il y manquera pourtant une plume, celle qui se dissimule dans la barbe du supérieur du monastère… Une troisième histoire nous conte le destin de Bogdan, enfant que Philippa, impératrice de Bysance, conçut et mit au monde en rêve - au XIIIème siècle -, et confié par celle-ci à une jeune femme vivant au XXème siècle. Car la dimension réaliste du roman s'enrichit constamment de celle du sommeil et du rêve, espace où se rencontrent et vivent les personnages, où le présent, le passé et l'avenir se rejoignent. Cet étrange enfant, tel un pont jeté entre les deux époques, vit la violence de son présent, d'un pays en guerre, mais avec les échos merveilleux d'un savoir issu d'un temps lointain, celui d'ornithologue dont il fera son métier. La quête de la plume manquante entraînera guerres et massacres. L'église du Saint-Sauveur n'échappera pas à sa chute, mais des débris de son effondrement monteront quelques plumes, et le souvenir de son vertige spirituel. Plumes qui ne cessent de voltiger tout au long de cet ample récit : la plume d'un ange, les dix mille plumes du manteau merveilleux, mais aussi celles que sept siècles plus tard ramasse Bogdan, dans une forêt au-dessus de laquelle tournoient les avions de l'OTAN.
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